Projet pilote, Prescott Ontario
Document préparé en vue de la présentation lors de la séance Protéger l'environnement à la faveur de partenariats avec les entrepreneurs en construction et en entretien du congrès annuel 2001 de l'Association des transports du Canada, à Halifax, en Nouvelle-Écosse
Le 1er mai 2001
Ce document donne un aperçu de la sélection, de la conception, de la mise en œuvre et du rendement du premier système antigivrage d'arrosage automatique fixe sur une autoroute ou une route canadienne. Installé à l'automne 2000 sur la structure de l'échangeur qui relie la 416 et la 401 en direction nord, le système a fonctionné tout au long de l'hiver 2000-2001.
La construction de ce nouveau pont a pris fin en septembre 1999. Plusieurs accidents attribuables à de mauvaises conditions météorologiques sont survenus sur la structure au cours de son premier hiver. Afin de compléter, par des approches indépendantes, les niveaux de services établis pour les routes lors des tempêtes d'hiver, le ministère des Transports (MTO) a examiné l'antigivrage ainsi que des systèmes (avancés) d'information sur les conditions routières et météorologiques (SAICRM/SRCRM) pendant plusieurs années.
Se basant sur ses propres recherches, ainsi que sur l'expérience d'autres organismes, le MTO estimait que l'on pouvait réduire de façon importante le givrage potentiel sur la structure. Pour ce faire, il fallait détecter à distance la possibilité de givre et de glace et appliquer automatiquement un produit chimique déglaçant liquide avant toute formation de glace. Le système faisant appel à la FAST surveille continuellement les conditions sur la structure et, en se fondant sur la détection paramètres seuils critiques, pulvérise automatiquement le produit chimique juste avant que les conditions ne soient propices à la formation de glace. La structure en question est une rampe d'accès surélevée à circulation rapide de 165 m qui relie deux autoroutes, dont la vitesse de base est de 130 km/h et le DJMA est de 3 000. Depuis que le système est en place, il n'y a eu aucun accident attribuable à de mauvaises conditions météorologiques.
Le ministère et son entrepreneur en entretien ont également profité de l'occasion pour évaluer le rendement de l'acétate de potassium liquide, un produit chimique qui ne figure pas sur la liste dressée par Environnement Canada de produits déglaçants de voirie sur le point d'être désignés « toxiques » en vertu de l'article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) (LCPE 1999).
Ce rapport examine : l'installation faisant appel à la FAST sur le site ; les rôles des partenaires dans la mise en œuvre et l'exploitation ; comment la volonté d'accélérer le temps de réponse, d'accroître la sécurité et d'amoindrir l'impact environnemental a donné lieu à une étude, puis à la mise en œuvre dans une période de 6 mois ; les coûts du projet ; l'approche privilégiée pour l'étude, la conception, l'approvisionnement, la passation des contrats et le partage des risques ; les leçons tirées lors de la conception et à travers l'exploitation ; ainsi que d'autres points d'intérêt pour les autorités routières.
Afin de compléter, par des approches indépendantes, les niveaux de services établis lors des tempêtes d'hiver et d'améliorer la sécurité routière, le ministère des Transports (MTO) a examiné l'antigivrage ainsi que des systèmes (avancés) d'information sur les conditions routières et météorologiques (SAICRM/SRCRM) pendant plusieurs années.
Se basant sur ses propres recherches, ainsi que sur l'expérience d'autres organismes routiers, le MTO estimait que l'on pouvait réduire de façon importante le givrage potentiel sur la structure de l'échangeur qui relie les autoroutes 401 et 416 en direction nord (figure 1). Pour ce faire, il fallait détecter à distance la possibilité de givre et de glace à l'aide d'un SAICRM et appliquer automatiquement un produit chimique déglaçant liquide avant toute formation de glace. Le système qui emploie la technologie d'arrosage automatique fixe (FAST) surveille continuellement les conditions sur la structure et, en se fondant sur la détection des paramètres seuils critiques, pulvérise automatiquement le produit chimique juste avant que les conditions ne soient propices à la formation de glace. Le système d'arrosage sélectionné était requis pour appliquer efficacement le liquide sur la chaussée dans des conditions météorologiques variées et, selon la configuration de la logique programmable, pour continuer de surveiller les conditions et d'appliquer automatiquement et à répétition le produit chimique antigivrage s'il devenait dilué ou de désactiver automatiquement le programme dans le cas d'une bordée de neige. La désactivation est nécessaire puisque le système qui utilise la FAST a été conçu afin d'éviter la formation de glace, et non pas pour enlever la neige.
Au cours du premier hiver de mise en service de l'échangeur en direction nord entre la 416 et la 401, plusieurs accidents attribuables à de mauvaises conditions météorologiques sont survenus sur la structure. En examinant la nature du problème, il est devenu évident qu'il y avait une combinaison de facteurs sur le site qui posaient des défis pour les responsables de son entretien et qui ont retenu notre attention :
Jugeant que le problème justifiait une solution unique, dont une détection et une application de produit chimique automatiques, le MTO a entamé des discussions avec un éventail d'organismes et de fournisseurs quant à la pertinence de l'installation d'un système utilisant la FAST sur la structure.
Mark F. Pinet & Associates Limited (MFPA), un cabinet d'ingénieurs-conseils de l'est de l'Ontario, qui a à son actif une vaste expérience du système avancé d'information sur les conditions routières et météorologiques (SAICRM) et le système de renseignements sur les conditions routières et météorologiques (SRCRM), a été engagé par le ministère des Transports (MTO) afin d'effectuer une étude de faisabilité, une demande de renseignements (sur les fournisseurs) (DR) et une demande de propositions (pour les entrepreneurs) (DP) relativement à l'achat et à la mise en œuvre d'un système faisant appel à la FAST sur le site. Une fois l'approvisionnement approuvé, MFPA a été retenu par Cruickshank Construction pour faire la conception, l'installation et la mise en service du système entièrement automatique " Boschung ". Le système a été installé en septembre 2000 et la mise en service des dernières composantes a été terminée à la mi-octobre de l'an 2000.
Cruickshank Construction a employé le système pour l'entretien et la réparation de la structure durant l'hiver 2000-2001 et le MTO a fourni le produit chimique déglaçant conformément au contrat d'entretien du secteur. Mark F. Pinet & Associates Limited a été engagé par le ministère afin de fournir les services techniques et de soutien relativement à l'entretien et à la surveillance continus du rendement du système tout au long de l'hiver afin de s'assurer qu'il fonctionne comme il se doit. Dans le cadre de cette mission, MFPA est également tenu de préparer ce rapport sommaire qui décrit le processus et le système, tel qu'il est installé.
L'autoroute 401 à travers cette section est une autoroute rurale à quatre voies qui constitue la principale voie commerciale pour les camions et les automobiles entre Toronto et Montréal. L'autoroute 416 est également une autoroute rurale à quatre voies qui accueille les véhicules à destination et en provenance de l'autoroute 401 et d'Ottawa. Les deux autoroutes se rejoignent près de Prescott, entre Cornwall et Brockville. Le site possède un microclimat qui le rend sujet à des « tempêtes d'effet de lac » en raison de la proximité du fleuve Saint-Laurent, au sud.
La structure surélevée en béton de 165 mètres de long et de 11,2 mètres de large est une rampe d'accès à voie unique et à circulation rapide qui relie les deux autoroutes en direction nord, dont la vitesse de base est de 130 km/h et le DJMA est de 3 000. La structure est pourvue d'un tablier revêtu et d'un accotement à l'intérieur et à l'extérieur de la voie de transit de 4,75 mètres de large.
La technologie d'arrosage automatique fixe (FAST) prévoit la détection d'une formation imminente de givre et de glace et la pulvérisation automatique préventive de produits chimiques déglaçants liquides. L'objectif du ministère était que le système puisse prédire avec exactitude la température de la surface de la route, détecter les conditions favorables à la formation de glace et pulvériser automatiquement le produit chimique déglaçant juste avant le givrage. Afin d'atteindre cet objectif, le système faisant appel à la FAST devait être constitué de trois sous-systèmes :
Au fil des recherches effectuées par MFPA, il a été déterminé que tous les fournisseurs proposent des systèmes fixes qui vont pulvériser les surfaces désirées. Par contre, les possibilités quant à l'activation et au degré et à l'exactitude de la détection varient. Le niveau de technicité a également une influence importante sur les coûts globaux du système et de son installation. Les options d'automatisation sont :
À la suite de discussions avec le personnel du ministère, il a été convenu que seule la combinaison des deux derniers choix était acceptable afin d'atteindre les objectifs ciblés au début du projet, quoique les coûts d'acquisition et de mise en œuvre du système seraient considérablement plus élevés.
Afin de se conformer aux spécifications en matière de détection et d'activation, les fournisseurs se sont appuyés sur la technologie démontrée du SRCRM. Pendant la phase de mise en œuvre, il a été convenu que l'approvisionnement du reste de l'équipement nécessaire afin de faire du système un SRCRM complet pourrait rendre l'installation faisant appel à la FAST encore plus avantageuse. Les frais supplémentaires engendrés par cette amélioration représentaient environ 5 % du coût du système. Avec cette modification, il sera possible d'extrapoler à partir des conditions observées sur le site pour d'autres emplacements similaires situés dans la même zone microclimatique, après l'assimilation des données et selon les interprétations d'experts ou la modélisation.
Le ministère a examiné l'utilisation d'une gamme de produits chimiques et de mélanges de produits chimiques afin de maintenir le niveau de services établi et d'accroître la sécurité du public motorisé dans toutes les conditions atmosphériques, tout en réduisant le coût de l'application, en minimisant l'impact environnemental et en prolongeant le cycle de vie de l'infrastructure. L'incertitude quant au type de produit chimique déglaçant ou de mélange de produits chimiques appliqué ou dispersé sur la structure par les véhicules est un problème important, mais inévitable. Il faut, malgré cela, que le système de détection prédise avec exactitude le point de congélation de la solution sur la structure. Sinon, le système antigivrage devient réactif plutôt que proactif. Une prédiction inexacte des conditions de givrage imminentes peut se traduire par une utilisation excessive ou injustifiée de produits chimiques ou par des conditions routières encore plus dangereuses qu'auparavant si la surface gèle de nouveau après l'application d'un produit chimique déglaçant. Jusqu'à maintenant, seule la technologie de détection active de la chaussée, qui gèle un échantillon de la surface du revêtement (contrairement à la détection passive qui mesure la conductance) peut prédire avec exactitude le point de congélation d'un mélange de produits chimiques d'une concentration relative variée. L'incorporation de capteurs actifs a toutefois présenté des problèmes techniques différents de ceux engendrés par des capteurs passifs en raison de la nécessité d'alimenter le capteur de la chaussée, ce qui fait légèrement augmenter les coûts d'acquisition du système.
Les composantes du système de détection et d'activation sont :
Dans l'installation d'un système faisant appel à la FAST, les capteurs de chaussée devraient pouvoir :
Le capteur de chaussée doit, en lui-même :
Les capteurs des conditions atmosphériques doivent :
Dans l'installation d'un système faisant appel à la FAST, l'unité de traitement à distance devrait :
Le serveur de données :
Le logiciel propre au fournisseur peut être utilisé pour voir les conditions existantes, les données archivées et une historique de l'exploitation sur 24 heures. Selon les privilèges assignés aux utilisateurs, il peut être employé pour exploiter le système.
Les sous-systèmes hydrauliques sont constitués :
Un bâtiment des pompes a été construit sur le site afin d'abriter tout l'équipement mécanique, d'alimentation, de communication et de surveillance requis pour le fonctionnement adéquat du système d'arrosage. En plus de la structure, une clôture de sécurité à mailles de chaîne a été installée afin de protéger l'installation.
Les éléments qui suivent se trouvent à l'intérieur du bâtiment des pompes :
Le fournisseur a fourni la station de pompage en entier, en un ensemble autonome. Elle est constituée de pompes, de soupapes, de compteurs automatiques, de raccords, de commandes, de capteurs et d'un réservoir de stockage. Des panneaux séparés pour la distribution électrique et le contrôleur de la station de pompage sont également situés à l'intérieur du bâtiment des pompes.
Les commandes de la pompe se trouvent dans le bâtiment des pompes et contiennent les interrupteurs et les relais pour très hautes puissances qui allument et éteignent la pompe et qui surveillent les pressions et les niveaux pertinents.
Le système peut être activé à partir de plusieurs sources : à distance, à partir d'un message envoyé par téléavertisseur ; sur le site, manuellement (l'interrupteur est à l'extérieur de la paroi du côté ouest de la culée nord) ; ou automatiquement, selon certaines conditions atmosphériques ou certains états de la chaussée qui sont observés par l'UTD du SAICRM (station d'observation atmosphérique-AMS) à partir des capteurs des conditions atmosphériques ou de l'état de la chaussée.
Les gicleurs d'arrosage étaient, à l'origine, spécifiés comme étant des buses de style parapet, montées latéralement de façon à en minimiser l'impact sur la structure existante. Il a été déterminé par la suite qu'un gicleur encastré enfoncé dans la chaussée endommagerait moins la structure. L'obligation de fournir et de spécifier une quantité suffisance de gicleurs d'arrosage a été confiée au fournisseur afin d'assurer l'arrosage initial et subséquent des endroits cruciaux. Conformément aux directives du fournisseur, les gicleurs, dont la direction était réglable dans les trois axes, ont été installés avant la structure afin que le produit chimique déglaçant soit véhiculé sur le pont. Les gicleurs d'arrosage spécifiés résistent à des conditions environnementales rigoureuses, notamment au sel et à d'autres produits chimiques. Le matériel et les accessoires fournis par le fournisseur consistent en : des gicleurs, de l'époxy, du mastic et des pièces de montage et de réglage.
Le fournisseur était tenu de fournir les tuyaux, les raccords à pression, les soupapes, les réservoirs ainsi que le câblage des commandes et les supports de montage. Ces conduites, raccords et accessoires résistent à des conditions environnementales extrêmement corrosives, notamment au sel et à d'autres produits chimiques déglaçants. Le tuyau souple fourni par le fournisseur est fabriqué spécialement pour ce type d'application. Le tube de plastique souple facilite l'installation, résiste à la corrosion et limite l'amplitude du mouvement sous l'action du gel ou sous l'impact d'un accident. Le dispositif d'assemblage mécanique en acier inoxydable, qui est facile à manipuler, résiste à la corrosion.
Une quantité suffisante de soupapes à commande manuelle ont été installées afin de permettre l'exploitation partielle du système dans le cas de dommages occasionnés par un impact accidentel. Des électrovannes en acier inoxydable, permettant de contrôler le liquide jusqu'aux gicleurs d'arrosage, contrôlaient les soupapes entre la tuyauterie de distribution, et des tiges latérales ont été employées.
Le contrôleur de la station de pompage, situé dans le bâtiment des pompes, contrôle à la fois l'exploitation des pompes et celle des soupapes. Le système effectuera régulièrement un test d'autodiagnostic afin de confirmer qu'il est prêt à procéder à l'arrosage du produit chimique déglaçant. Si le système détecte une défaillance, il émet une alarme au bâtiment des pompes qui est relayée à l'UTD du SRCRM, puis captée par le serveur qui détermine qu'il s'agit d'une alarme et l'envoie au terminal de l'utilisateur. Lors d'une alarme, il faut établir la nature de la défaillance et remédier à la situation avant que le système n'arrose automatiquement de nouveau. Selon la nature de la défaillance (ex. : une baisse du niveau de produit chimique ou une chute de pression), on pourra empêcher le système d'arroser.
De la documentation sur les expériences avec des systèmes faisant appel à la FAST d'un éventail d'organisations chargées de l'entretien hivernal des routes aux États-Unis a été examinée. Une liste de fournisseurs potentiels a été dressée et certains d'entre eux ont été priés de fournir de la documentation technique et des brochures afin de donner les grandes lignes des principes, des spécifications et des caractéristiques de leurs systèmes respectifs. Une demande de renseignements (DR) a ensuite été préparée qui donnait un aperçu de l'envergure globale des travaux et qui faisait en sorte que suffisamment de renseignements soient fournis afin que les fournisseurs puissent préparer un devis quant à l'approvisionnement du système et au nombre limité de services qu'ils seraient tenus d'effectuer. Les recherches entreprises ont donné des éléments de base pour l'étude de faisabilité, qui visait à cibler les fournisseurs de systèmes ainsi que les systèmes actuellement offerts et utilisés. Le rapport a également tiré des conclusions sur le fournisseur de systèmes, la méthodologie et l'équipement qui convenaient le mieux aux exigences précises du MTO sur un site donné selon le meilleur rapport qualité-prix. Le rapport présentait en outre une estimation du coût du système complet.
Une fois le fournisseur choisi par le MTO, MFPA a travaillé de concert avec ce dernier et « l'équipe contractante » de mise en œuvre afin de mettre au point les directives nécessaires ainsi que les spécifications et les dessins détaillés. Le cabinet a activé l'examen et l'approbation, puis il a supervisé et coordonné l'installation du système par le(s) entrepreneur(s) du ministère sous la direction du fournisseur du système. Les détails du plan de travail ont été coordonnés par le fournisseur, l'entrepreneur et le ministère afin que le fournisseur puisse bénéficier de l'appui d'un personnel ou d'entrepreneurs locaux qualifiés et bien informés et collaborer avec eux de façon à ce que le système soit installé et exploité comme il se doit.
Le financement des immobilisations pour le projet a été fourni dans le cadre de la remise en état des voies de la 416 en direction nord. À l'époque, le ministère avait deux contrats en cours, dont les travaux couvraient le site en question. Ces contrats concernaient la reconstruction de la 416 en direction nord et le contrat d'entretien du secteur (CMS). MFPA a reformulé la DR en demande de propositions (DP) à prix forfaitaire et le ministère a administré le processus d'approvisionnement avec les deux entrepreneurs. Cruickshank Construction, le promoteur choisi, a suggéré d'engager Boschung America à titre de fournisseur. Le travail a été ajouté comme un supplément sur leur CMS existant.
L'installation faisant appel à la FAST sur l'échangeur reliant la 416 et la 401 a été complétée dans l'esprit d'un projet pilote au sein duquel tous les participants acceptaient une part de risques. Le MTO devait faire affaire avec une seule partie contractante qui devait fournir l'équipement, posséder les capacités techniques pour faire en sorte que le système fonctionne comme prévu, assurer l'entretien du système localement et obtenir l'assurance responsabilité élevée exigée par le ministère.
Comme il s'agissait d'une première au Canada, les participants n'avaient jamais collaboré avec le fournisseur ou ses systèmes avant ce projet. MFPA était le seul à avoir le moindrement d'expérience avec le SRCRM et l'installation de capteurs sur des ponts. Les participants ont toutefois reconnu le potentiel de la technologie pour des utilisations futures et, à ce titre, chacun était prêt à partager les risques pour l'équipement ou les services qu'il avait fournis dans le cadre de l'opération. Tous les participants ont livré de l'équipement et des services pour lesquels ils n'ont pas été entièrement dédommagés afin d'avoir la chance de pouvoir acquérir de l'expérience, avoir un aperçu de la FAST et démontrer qu'elle pourrait répondre aux objectifs du ministère.
Même si les parties contractantes étaient le MTO et Cruickshank, il était entendu qu'il incombait principalement au directeur du projet de s'assurer que le système fonctionnerait tel que prévu puisque c'était le dénominateur commun au sein de l'équipe de mise en œuvre, depuis l'étude de faisabilité jusqu'à la mise en service. Le fournisseur a fourni une quantité limitée de conceptions techniques polyvalentes fondées sur des détails standards. Les détails du site, l'adaptation à la structure existante, le bâtiment des pompes, les services publics, l'architecture et la configuration du système ont été mis au point par MFPA. L'installation de l'instrumentation proprement dite du SAICRM a été effectuée par MFPA. Le reste des travaux liés à l'installation du système complet et fonctionnel, y compris toute la tuyauterie de distribution et la mise en place de l'équipement connexe, a été réalisé sous la supervision de l'ingénieur-conseil du projet, Mark F. Pinet and Associates Limited.
Cruickshank Construction Limited a été choisi à titre d'entrepreneur général pour le projet et les travaux ont été effectués en tant que prolongement de son contrat d'entretien du secteur existant. Cruickshank a engagé tous les autres membres de l'équipe de mise en œuvre, dont les consultants, les entrepreneurs et le fournisseur. En plus d'agir à titre d'entrepreneur général, Cruickshank était responsable du réseau souterrain pour l'installation du système faisant appel à la FAST, des travaux de génie civil et de la construction du bâtiment des pompes. L'entreprise a également retenu les services d'un entrepreneur en hydraulique, Central Source Irrigation, qui possède une vaste expérience avec des systèmes hydrauliques automatiques d'envergure similaire, afin de compléter la partie mécanique des travaux.
Les travaux d'installation effectués par le fournisseur comprennent : tout le matériel et les logiciels pour l'UTD, tous les travaux n'ayant pas été précisément ciblés comme étant fournis ou installés par l'entrepreneur du MTO, la mise en service et les tests de fiabilisation du système et de toutes ses composantes, les tests de pression du système hydraulique ainsi que de toutes ses composantes et la formation.
Boschung America était le fournisseur choisi d'après le rapport qualité-prix et le rendement du système proposé. Les éléments suivants donnent un aperçu du coût prévu pour un système complet fourni et entièrement installé sur le site selon un plan conceptuel, en admettant que le fournisseur soit Boschung. Les données qui suivent montrent les éléments pour l'approvisionnement et l'installation complète d'un système utilisant la FAST.
Initial
Budget total préliminaire : 239 000 $
Coûts additionnels
Coût total final : 300 000 $
* Le budget initial était fondé sur le recrutement direct de tous les sous-traitants par le MTO, sans entrepreneur général.
Le coût réel de la construction était de 300 000 $. Le système faisant appel à la FAST couvre une superficie de 1 784,5 m2 sur le pont et de 190 m2 sur la rampe d'accès au pont pour un total de 1 963 m2 ou 153 $/m2. Comme il s'agit d'un projet pilote, les coûts subséquents devraient être plus élevés. Le coût d'exploitation annuel est d'environ 15 000 $ ou 7,64 $/m2, à l'exclusion de l'entretien annuel du système d'arrosage, des pompes et des systèmes.
Le système devrait être entretenu conformément aux procédures suggérées par le fournisseur.
À l'automne, le système devrait être inspecté et réapprovisionné en produits chimiques et le SAICRM devrait être examiné. Le système devrait être vérifié en entier et réparé, y compris tout produit d'obturation des joints défectueux, etc. sur la structure.
Au printemps, le système devrait être rincé avec de l'eau claire et les filtres devraient être vérifiés ou remplacés. Le système est laissé sous pression et tout changement de pression est signalé comme une alarme à l'administrateur du système. Il faut effectuer régulièrement un cycle complet du système avec de l'eau claire.
De plus, il faudrait tenir compte des recommandations suivantes.
Un plan opérationnel doit être mis sur pied afin d'incorporer avec succès la FAST à la boîte à outils du fournisseur des services d'entretien hivernaux et d'intégrer complètement la nouvelle technologie à tous les processus opérationnels associés et concernés.
Le système faisant appel à la FAST devait être exploité comme il est décrit dans le manuel d'utilisation fourni par Boschung, fournisseur du système, et tel qu'il a été brièvement passé en revue lors des séances de formation fournies par ce dernier à l'intention des utilisateurs, des opérateurs et des responsables de l'entretien. Il incombait toutefois au propriétaire, dans ce cas-ci, au MTO :
Le logiciel d'interface avec l'utilisateur du fournisseur offre une présentation graphique qui permet à l'exploitant de contrôler, de gérer ou d'observer le système faisant appel à la FAST selon ses privilèges autorisés. En haut de l'échelon, seuls les administrateurs ont le droit de modifier les paramètres seuils d'exploitation cruciaux du système. À titre d'exemple, pour assurer une efficacité maximum du système, l'administrateur doit entrer en mode de contrôle et personnaliser le réglage du système afin de prendre en considération les différents facteurs d'influence, dont :
Après une formation appropriée donnée par le fournisseur, et sous la direction du propriétaire, l'administrateur est en mesure de modifier et d'entrer les paramètres. Le fournisseur indique toutefois qu'il ne peut être tenu responsable des conséquences d'une personnalisation dangereuse, incomplète ou inexistante du système.
En bas de l'échelon, un utilisateur aurait uniquement le droit de voir les données courantes et historiques sur la chaussée, les conditions atmosphériques et l'exploitation du système. Il ne pourrait pas influer sur l'exploitation du système faisant appel à la FAST à l'aide du logiciel d'interface. Un logiciel en cours de développement offrira prochainement ces services sur Internet aux utilisateurs autorisés à l'aide d'un outil de navigation Web courant.
Malgré tous les efforts déployés conformément au contrat d'installation et même si la FAST est la meilleure option qui soit à l'heure actuelle, le système ne remplace pas des patrouilles régulières, une surveillance manuelle de la chaussée et les prévisions sur les conditions atmosphériques et sur l'état de la chaussée.
Le système n'apporte qu'un soutien à la prise de décisions et il a été conçu afin d'aider les personnes chargées de l'entretien des routes à faire des choix éclairés. Il offre des renseignements supplémentaires qui permettent de prendre des approches proactives vis-à-vis de l'entretien hivernal. Le MTO devrait surveiller continuellement le rendement du système afin de s'assurer qu'il fonctionne comme il se doit et qu'il applique le produit chimique déglaçant au moment approprié.
Le système effectue régulièrement, par lui-même, un test d'autodiagnostic afin de confirmer qu'il est prêt à arroser. Si le système détecte une défaillance, il émet une alarme au bâtiment des pompes qui est relayée à l'UTD du SRCRM, puis captée par le serveur qui détermine qu'il s'agit bien d'une alarme sur l'interface de l'utilisateur. Lors d'une alarme, l'opérateur du système doit établir la nature de la défaillance et remédier à la situation avant que la FAST n'arrose automatiquement de nouveau. Selon la nature de la défaillance (ex. : une baisse de niveau ou une chute de pression), on pourra empêcher le système d'arroser. La FAST a été installée avec les réglages par défaut fournis par le fournisseur, conformément aux discussions avec le personnel du MTO. Le système arrosera selon sa réaction à plusieurs paramètres liés aux conditions environnementales et atmosphériques et à l'état de la chaussée. Il fonctionne habituellement en mode automatique. Il est difficile de confirmer l'état de la chaussée sans se fier uniquement au journal du système. C'est la raison pour laquelle le MTO compte actuellement sur le superviseur de patrouille pour vérifier l'exploitation du système. Il a été suggéré qu'une surveillance télévisée soit effectuée afin que la synchronisation et les conditions d'application du produit chimique, de même que la réaction des véhicules aux conditions et à l'arrosage du produit déglaçant puissent être confirmées visuellement.
Le MTO a engagé MFPA afin d'assurer les services de surveillance en procédant à un examen quotidien de l'exploitation du système durant les jours de semaine, soit du lundi au vendredi. Les examens opérationnels sont effectués pendant et après un événement hivernal. Un examen mensuel et un rapport sommaire sont préparés afin d'être présentés au MTO.
La surveillance est basée sur les responsabilités suivantes :
MFPA effectue quotidiennement des examens du système et de son exploitation. Lorsque la FAST émet une alarme liée au système, l'ampleur du problème est déterminée et, au besoin, la deuxième partie du contrat portant sur la surveillance ainsi que sur l'entretien et la réparation entre en ligne de compte. Le travail d'entretien et de réparation qui suit est également réalisé par MFPA.
Si des problèmes sont détectés dans le système, MFPA :
Si des travaux sont requis sur le site, MFPA :
Plusieurs leçons ont été tirées tout au long de la conception et de l'installation du système faisant appel à la FAST à l'échangeur qui relie la 416 et la 401.
Il était prévu que des ajustements aux « opérations » seraient requis à la suite de la mise en œuvre de la FAST. Des ajustements opérationnels prendraient place sur deux fronts : dans le cadre de l'exploitation physique du système faisant appel à la FAST et dans le cadre des processus opérationnels pour les activités d'entretien hivernales de l'entrepreneur et du propriétaire.
Plusieurs changements ont été apportés au système et aux opérations de l'équipe.
Environnement Canada est à déterminer si les sels de voirie sont dangereux pour l'environnement. L'organisation a proposé ce qui suit concernant un amendement à la Loi sur la protection de l'environnement :
« Selon les données dont nous disposons, il est considéré que les sels de voirie pénètrent l'environnement dans une quantité ou une concentration ou des conditions qui ont ou qui peuvent avoir un effet néfaste immédiat ou à long terme sur l'environnement ou sur sa biodiversité et que cela constitue ou pourrait constituer un danger pour l'environnement sur lequel la vie repose. Par conséquent, il est proposé que les sels de voirie soient considérés « toxiques » en vertu de l'article 64 de la Loi sur la protection de l'environnement (1999) (LPE 1999). »
L'acétate de potassium, en tant que produit chimique déglaçant, ne figure pas sur la liste proposée.
L'utilisation d'un système faisant appel à la FAST présente d'autres avantages pertinents.
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Dernière mise à jour : 17 juin 2010