Road Talk : Vol. 23, nº 3 été 2017


La biodiversité dans les emprises routières

L’Ontario héberge plus de 30 000 espèces connues, réparties entre une variété d’écosystèmes, incluant des forêts, lacs, terres humides et prairies. Ensemble, ces espèces constituent la diversité biologique, ou biodiversité, de la province. Préserver cette biodiversité est une façon d’assurer un environnement sain, des collectivités fortes et une économie prospère.

Le ministère des Transports de l’Ontario (MTO) a conscience des dangers que le réseau routier peut présenter pour les écosystèmes. Il favorise la protection de la biodiversité dans les emprises routières en restant à l’affut de moyens d’atténuer les incidences sur celle-ci lors des activités de planification, de conception, de construction et d’entretien des routes dans la province.

Graminées de prairie dans l'emprise de l'autoroute, au sud de Lampton Line, autoroute 40, Sarnia, Ontario

Graminées de prairie dans l'emprise de l'autoroute, au sud de Lampton Line, autoroute 40, Sarnia, Ontario

La Stratégie de la biodiversité de l’Ontario et le plan d’action du gouvernement provincial

Chef de file mondial en matière de conservation de la biodiversité, le Conseil de la biodiversité de l’Ontario a établi une série d’objectifs, de buts et d’activités dans ce sens dans la Stratégie de la biodiversité de l’Ontario de 2011.

En 2012, le gouvernement de l’Ontario publiait, sous le titre, La biodiversité, c'est notre nature, son plan pour favoriser la protection de la biodiversité par l’entremise d’un cadre stratégique de conservation des espèces et des écosystèmes de la province. Le MTO, qui a contribué à l’élaboration de ce plan, est responsable de l’exécution de six des actions que celui-ci prévoit, à savoir :

  • mettre au point des pratiques optimales en ce qui concerne la planification, la conception et la construction des routes, afin d’atténuer la fragmentation de l’habitat;
  • faciliter la création de partenariats avec les administrations municipales et d’autres organismes pour transplanter ailleurs la végétation indigène prélevée sur les chantiers de construction;
  • perfectionner les systèmes d’information permettant de repérer les habitats à restaurer ou améliorer;
  • appuyer l’amélioration et l’élargissement des transports en commun en Ontario pour contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre et améliorer la qualité de l’air;
  • maintenir le Réseau de voies réservées aux véhicules multioccupants, le Programme des trains routiers, le Programme d’encouragement pour les véhicules électriques et le Programme d’utilisation de limiteurs de vitesse pour les camions;
  • améliorer la gestion de l’épandage du sel sur les routes provinciales.

Depuis la publication de ce plan, le MTO a tiré profit de son Programme de financement des projets d’innovation en infrastructure routière pour forger des partenariats de recherche sur la biodiversité avec différentes universités ontariennes. Le Programme de financement des projets d’innovation en infrastructure routière apporte un soutien financier aux recherches visant à explorer des façons novatrices de satisfaire les besoins du ministère. Les résultats des travaux menés par les universités offrent des possibilités de renforcer les contributions du MTO à la conservation de la biodiversité.

Les meilleures pratiques en matière de biodiversité

Le MTO tient compte de la nécessité de protéger la biodiversité lors de ses activités de planification, de conception, de construction et de gestion des routes. Les mesures à prévoir à cet égard, conformément aux exigences des lois provinciales et fédérales visant la protection de l’environnement, sont déterminées dans le cadre du processus d’évaluation environnementale.

Le MTO a élaboré et mis à l’essai une série de meilleures pratiques en matière d’application de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, intitulées Endangered Species Act Best Management Practices (en anglais seulement) pour ses activités d’entretien des abords de routes. Ainsi, il a pris des mesures spécifiques selon les endroits et notamment restauré des habitats à l’échelle d’un écosystème ou installé des structures d’atténuation des effets de la circulation sur la faune, telles que des passages fauniques permettant de relier deux sections d’habitat séparées par une route. Ces efforts déployés par le MTO contribuent non seulement à réduire la fragmentation des habitats fauniques, mais à les protéger, les améliorer ou les rétablir.

Parmi les grands chantiers auxquels le MTO a récemment incorporé des mesures de conservation de la biodiversité figurent, par exemple, la construction de la promenade Herb Gray, à Windsor, l’extension de l’autoroute 69 de Parry Sound à Sudbury ou encore l’extension de l’autoroute 407 Est. Ensemble, ces mesures ont favorisé la protection de reptiles, d’oiseaux, d’espèces aquatiques et de mammifères, la protection d’habitats, la préservation d’espèces végétales indigènes et la remise en état d’écosystèmes terrestres et aquatiques dégradés.

La biodiversité est garante de la pureté de l’air et des eaux comme de la fertilité des sols dont nous tirons nos aliments. Le monde naturel est notre source de bois, de fibres et d’autres matières premières.

Les arbres, les graminées et les oiseaux

Les prairies à grandes graminées en bordure de la promenade Herb Gray

Plusieurs possibilités de préservation et de rétablissement de prairies à grandes graminées se sont présentées lors de la planification et de la construction de la promenade Herb Gray. Pour les besoins de ce chantier, le MTO a forgé un partenariat fructueux avec une entreprise de restauration écologique de la Première Nation de l’île Walpole, Danshab Enterprises comme avec l’office de protection de la nature du comté d’Essex, en vue de protéger de rares espèces végétales indigènes. Une variété de plantes, dont les graines avaient été recueillies là où la promenade allait être construite, ont été cultivées dans une serre, puis transplantées dans trois aires de restauration de l’office de protection de la nature. Danshab Enterprises s’est chargée du plus gros des travaux de relocalisation des plantes et de restauration écologique le long du tracé de la promenade. Plus de 700 000 spécimens d’espèces végétales en péril sont à l’heure actuelle sous surveillance : en cette septième année d’un programme décennal de suivi, les efforts de relocalisation entrepris s’avèrent très réussis.

À l’étape de conception de la promenade, le MTO a veillé à minimiser les incidences de la construction prévue sur le complexe de prairies Ojibway, une zone de 350 hectares de parcs et de réserves naturelles située à l’Ouest de Windsor et formée de cinq aires naturelles à proximité les unes des autres.

En fin de compte, l’aménagement de la promenade a été l’occasion de préserver et de restaurer environ 100 hectares de prairies à grandes graminées constituant un écosystème rare à l’échelle mondiale. Le plan d’aménagement intégré mis au point par le MTO pour plus de 160 hectares d’espaces verts a inclus :

  • la plantation de plus de 119 000 arbres et arbustes indigènes;
  • le semis de 15 mélanges de semences comportant les graines de 106 espèces indigènes distinctes.
Photo A : Les prairies à grandes graminées sont un écosystème propre à l’Amérique du Nord. L’Ontario ne renferme plus que moins de trois pour cent de cet écosystème, et ce, principalement sur l’île Walpole et dans le comté d’Essex.

Photo A : Les prairies à grandes graminées sont un écosystème propre à l’Amérique du Nord. L’Ontario ne renferme plus que moins de trois pour cent de cet écosystème, et ce, principalement sur l’île Walpole et dans le comté d’Essex.

Les semences de grandes graminées répandues aux abords du nouveau tronçon de l’autoroute 407 Est

De concert avec le MTO et grâce à son Programme de financement des projets d’innovation en infrastructure routière, l’Université McMaster a créé des mélanges spéciaux de semences de plantes susceptibles d’attirer des pollinisateurs, telles que l’asclépiade de Syrie, une espèce indigène de l’Ontario, qui sont désormais mis à l’essai. Un de ces mélanges a été semé aux abords du nouveau tronçon de l’autoroute 407 Est, en vue d’améliorer l’habitat du goglu des prés comme de la sturnelle des prés et d’attirer des papillons monarques, des abeilles et d’autres insectes nécessaires à une pollinisation variée.

Photo C : L’asclépiade de Syrie est répandue le Sud et le Nord de l’Ontario, où on la trouve dans les prés et pâturages comme le long des routes.

Photo C : L’asclépiade de Syrie est répandue le Sud et le Nord de l’Ontario, où on la trouve dans les prés et pâturages comme le long des routes.

L’Université McMaster poursuivra jusqu’en 2019 ses études du rapport coûts-avantages du semis de mélanges de semences indigènes de l’Ontario sur le bord des routes ontariennes et sa comparaison des coûts du cycle de vie de ces mélanges de semences indigènes et des mélanges traditionnellement utilisés jusqu’ici.

La lutte contre les plantes envahissantes

L’Université McMaster profite aussi de fonds provenant du Programme de financement des projets d’innovation en infrastructure routière en vue de vérifier l’efficacité de mélanges de semences indigènes pour enrayer la prolifération de phragmites australis, une variété de roseaux envahissants qui prolifère dans les corridors routiers de l’Ontario. À ne pas confondre avec les phragmites indigènes, les phragmites australis peuvent atteindre plus de 15 pieds de haut et gagner plus de 10 pieds en étendue par année. Leurs racines produisent des toxines qui sont nuisibles à la croissance des plantes indigènes ou même mortelles pour celles-ci. Ces roseaux envahisseurs et leurs graines sont disséminés par le vent ou l’eau et par les déplacements des animaux comme des humains. Il se peut par exemple que des matières végétales s’accrochent à des embarcations, remorques, véhicules tout terrain ou encore des engins de chantier. Toujours grâce à des fonds provenant du même programme, McMaster mène par ailleurs des recherches destinées à communiquer au MTO les meilleures pratiques à adopter pour empêcher la propagation de ces roseaux durant la construction et l’exploitation des autoroutes.

De 2006 à 2016, le MTO a cartographié la propagation des phragmites australis dans les corridors routiers de la province. Les équipes de recherche de l’Université McMaster se servent maintenant d’images à haute résolution pour procéder à une toute première évaluation scientifique de l’efficacité des méthodes les plus couramment utilisées pour enrayer cette propagation. Cette recherche a débuté l’été 2016 et se poursuivra jusqu’à l’hiver 2018.

Photo H : Cette photo montre la hauteur de la variété envahissante de phragmites. Courtoisie de Janice Gilbert, Ontario Phragmites Working Group.

Photo H : Cette photo montre la hauteur de la variété envahissante de phragmites. Courtoisie de Janice Gilbert, Ontario Phragmites Working Group.

La conservation des arbres

Le MTO a adopté une démarche stratégique de l’extension de l’autoroute 407 Est, à savoir qu’il a conçu et mis en œuvre un plan écologique de restauration de la végétation, dans le but de satisfaire aux exigences de l’évaluation environnementale concernant les forêts et les terres humides. Il a maximisé les possibilités de restauration, afin de garantir la connectivité des zones d’habitat naturelles ou rétablies existantes. Il a, par exemple, donné à contrat la plantation de 69 800 arbres et 5 200 arbustes pour remettre en état et améliorer des terres relevant de l’office de protection de la nature du lac Ontario Centre.

Le projet d’extension de l’autoroute 407 Est a donné l’occasion aux groupes locaux de conservation de la biodiversité de préserver des plantes indigènes rares en les extirpant du sol pour les mettre à l’abri de tout impact des activités de construction. Ainsi, le MTO s’est-il associé à un organisme voué à la préservation du patrimoine génétique de nos forêts, la Forest Gene Conservation Association (FGCA), pour préserver des spécimens de noyer cendré. Le noyer cendré est une espèce qui a presque disparu en Ontario en raison d’un champignon parasite. Vu qu’il est inscrit comme espèce en voie de disparition, la préservation de son matériel génétique est essentielle à sa future présence dans les forêts ontariennes. La FGCA est parvenu à cette préservation par l’entremise de greffages : elle a greffé neuf noyers cendrés et en surveillera l’évolution sur cinq ans.

Photo B : Ces images montrant des noyers cendrés en bonne santé. Cette espèce est présente dans les zones sauvages de l’Ontario, où elle est menacée de disparition imminente. Le noyer cendré a été d’emblée inscrit comme étant en voie de disparition quand la Liste des espèces en péril en Ontario a été établie en 2008.
Photo B : Ces images montrant des noyers cendrés en bonne santé. Cette espèce est présente dans les zones sauvages de l’Ontario, où elle est menacée de disparition imminente. Le noyer cendré a été d’emblée inscrit comme étant en voie de disparition quand la Liste des espèces en péril en Ontario a été établie en 2008.

Photo B : Ces images montrant des noyers cendrés en bonne santé. Cette espèce est présente dans les zones sauvages de l’Ontario, où elle est menacée de disparition imminente. Le noyer cendré a été d’emblée inscrit comme étant en voie de disparition quand la Liste des espèces en péril en Ontario a été établie en 2008.

Habitats pour la faune avienne

Les hirondelles rustiques : Les hirondelles rustiques vivent souvent en association étroite avec les êtres humains, construisant leurs nids de boue en forme de gobelet sur des structures naturelles ou d’origine humaine, notamment dans des granges ouvertes, sous des ponts, dans des ponceaux ou encore sur les bâtiments en forme de dôme où le MTO entrepose ses réserves de sable et de sel. Bien qu’inscrites comme menacées aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, les hirondelles rustiques semblent omniprésentes dans les emprises routières de la province. Elles préfèrent faire leur nid près des endroits où foisonnent les insectes dont elles s’alimentent (voies d’eau et champs). Pour satisfaire aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition durant la construction de ponts, le MTO met en place, avec divers degrés de succès, des kiosques censés offrir aux hirondelles rustiques un endroit provisoire où faire leur nid. Une équipe de recherche au Collège Saint-Laurent, à Cornwall, est en train d’examiner différentes variantes de ce type de kiosque pour le compte du ministère, afin de déterminer lesquelles favorisent, en fonction de leurs caractéristiques – par exemple, des partitions intérieures séparant les nids – la reproduction de ces hirondelles jusqu’au premier envol des oisillons.

De concert avec le Collège Saint-Laurent, le MTO a lancé une recherche financée par le Programme de financement des projets d’innovation en infrastructure routière portant sur l’engoulevent bois-pourri et son habitat le long de la Baie Géorgienne, afin de réduire les effets du chantier de l’autoroute 69 sur cette espèce en péril. Parallèlement à cette recherche, le MTO a mis au point un plan pour les zones temporairement touchées par les travaux de construction actuels et futurs, selon lequel il aménagera notamment plus de 100 hectares d’habitat propice à l’engoulevent bois-pourri qui sera maintenu pendant toute la durée de la construction routière en cours.

Les cours d’eau, les terres humides, les espèces aquatiques, tortues et reptiles

signe de tortue signe de serpent

En plus de protéger les plantes lors de la construction routière, le MTO aménage des cours d’eau pour maintenir et améliorer les passages fauniques qui relient deux parties d’un habitat sectionnées par une route. Le MTO repère dès l’étape de planification d’une route les moyens de rétablir un lien entre des terres humides que celle-ci séparera.

La création d’habitats pour les espèces vivant dans les terres humides comme pour les poissons dans le cadre des efforts de restauration axés sur les espèces en péril contribue à une meilleure réunification globale des habitats. Lors des travaux d’extension de l’autoroute 407 Est, des terres humides ont été aménagées à l’exutoire des bassins de rétention servant à traiter les eaux de ruissellement pluvial, de manière à améliorer l’habitat voisin du méné long, une espèce de poisson en péril.

Visées nationales et internationales

L’Ontario contribue, au pays et à l’étranger, à diverses activités qui appuient la réalisation de la Stratégie canadienne de la biodiversité, élaborée en 1995, de même que l’atteinte tant des buts et objectifs canadiens pour la biodiversité d'ici 2020, adoptés en 2015, que des cibles globales en matière de biodiversité fixées à Aichi en application de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique de 1992, soit 20 cibles mesurables assorties d’un calendrier d’exécution allant jusqu’à la fin de 2020.

Les cours d’eau et les terres humides

Lors de la construction de la promenade Herb Gray, le MTO a préservé plus de 45 hectares de terres humides d’importance provinciale en contrepartie de la perte directe de cinq hectares d’habitat dans ce type de terres. Plus de trois hectares de nouvel habitat piscicole ont été aménagés à proximité de la promenade, y compris une vaste aire sur le drain Lennon devant servir de lieu de ponte pour différentes espèces de poissons, notamment le grand brochet.

Le long des cours d’eau de l’Ontario, des tunnels et ponceaux pour la circulation des animaux sont prévus lors de la conception des routes, en vue de maintenir la connectivité des habitats et de soutenir les écosystèmes. Le Programme de financement des projets d’innovation en infrastructure routière finance à l’heure actuelle des recherches menées à l’Université Queen’s pour trouver une façon de bâtir des ponceaux pouvant laisser passer les tortues en toute sécurité, mais pas les castors, qui ont tendance à boucher les ponceaux. L’Université Queen’s étudie aussi quels types de clôtures pourrait servir à tenir les reptiles à l’écart des routes.

Les reptiles

Dans l’Est de l’Ontario, le MTO s’est associé à un consultant pour mener une recherche exploratoire visant à trouver un moyen d’atténuer les effets des chantiers routiers sur les reptiles en ayant recours à des chiens. Il existe des chiens qui ont appris à repérer les œufs de la tortue mouchetée et qui devraient donc pouvoir aider à repérer les nids de ces tortues et à mettre les œufs en sécurité avant d’entamer des travaux. Sans précédent, cette formation spéciale de chiens a été mise en œuvre dans le cadre des mesures d’atténuation et dcee réhabilitation entreprises le long de l’autoroute 28, depuis un kilomètre environ au sud de Long Lake Road et jusqu’à la route 504 de Peterborough.

La majorité de ces chiens ont été en mesure de trouver des œufs cachés dans des nids artificiels durant leur formation, se montant donc capables de reconnaître les œufs et les nids de tortue. La formation initiale va devoir être poussée davantage avant de pouvoir dire avec certitude si ces chiens pourront être mis à contribution pour protéger les œufs de la tortue mouchetée avant le lancement de chantiers routiers.

Photo J : Un chien spécialement formé cherche des œufs de tortue mouchetée.

Photo J : Un chien spécialement formé cherche des œufs de tortue mouchetée.

Photo K : Des œufs de tortue mouchetée, récupérés dans leur nid à l’état sauvage, servent à former des chiens à les retrouver dans la nature. Le personnel du parc naturel Scales, à Orillia, en Ontario, fait la collecte de ces œufs et surveille leur incubation dans l’espoir de relâcher les jeunes tortues dans leur habitat naturel.

Photo K : Des œufs de tortue mouchetée, récupérés dans leur nid à l’état sauvage, servent à former des chiens à les retrouver dans la nature. Le personnel du parc naturel Scales, à Orillia, en Ontario, fait la collecte de ces œufs et surveille leur incubation dans l’espoir de relâcher les jeunes tortues dans leur habitat naturel.

Soucieux de protéger et de renforcer les écosystèmes gravement affectés par les routes, le MTO envisage toujours la possibilité de rétablir la connexion entre les aires d’habitat de chaque côté d’une route, là où les collisions entre véhicules et animaux sont fréquentes, et ce, en installant des tunnels et des clôtures pour réduire la mortalité routière.

L’une des mesures de conservation prises par le MTO le long de la promenade Herb Gray a été la construction d’un passage faunique au-dessus de la route 3 et de l’autoroute 401. Cet écopassage, dont la superficie correspond à neuf patinoires aux dimensions réglementaires de la Ligue nationale de Hockey, relie les zones naturelles qui hébergent deux espèces de serpents menacées, la couleuvre fauve de l’Est et la couleuvre à petite tête. Un ponceau a par ailleurs été installé sous un sentier polyvalent qui traverse l’écopassage, afin de faciliter les mouvements des serpents. Plusieurs éléments caractéristiques de l’habitat des serpents, tels que des amas de broussailles et des frayères protégées, ont aussi été aménagés en bordure de l’écopassage.

Photo L : Vue aérienne de l’écopassage enjambant la promenade Herb Gray.

Photo L : Vue aérienne de l’écopassage enjambant la promenade Herb Gray.

Un système de surveillance à la pointe du progrès qui sera installé en 2017 sur toute la longueur de l’écopassage représentera la première mise en œuvre à aussi grande échelle d’un dispositif de surveillance de reptiles. Les données que ce système permettra de recueillir serviront à comprendre et réduire l’incidence de la route sur les reptiles, de même qu’à évaluer l’efficacité de l’écopassage.

Une clôture permanente a également été érigée en bordure de la promenade, à proximité de l’habitat de la couleuvre à petite tête et de la couleuvre fauve de l’Est, afin d’empêcher ces reptiles d’accéder à la route et à sa voie de service. Plusieurs couleuvres fauves de l’Est obtenues d’un centre de réhabilitation de la faune ont été utilisées pour tester des clôtures de conceptions et de hauteurs variées, vu que cette espèce de reptile est capable de grimper. À l’issue de ces essais, le MTO a fait installer treize kilomètres d’une clôture expressément conçue pour faire obstacle de façon permanente aux reptiles. La barrière antibruit a par ailleurs été modifiée par l’ajout d’une section inférieure lisse empêchant les reptiles d’y grimper et de pénétrer sur la route.

Photo O : Les panneaux inférieurs à surface plane de cette barrière antibruit empêchent la couleuvre fauve de l’Est d’accéder à l’autoroute.

Photo O : Les panneaux inférieurs à surface plane de cette barrière antibruit empêchent la couleuvre fauve de l’Est d’accéder à l’autoroute.

En ce qui concerne le chantier le long de l’autoroute 69, le MTO a financé une étude du serpent à sonnettes appelé massasauga, de son habitat, de même que des incidences sur cette espèce des travaux de construction routière et de la suppression d’habitat qu’ils impliquent. Jusqu’à ce jour, le MTO a érigé 35 kilomètres de clôture en bordure de cette route pour en écarter les serpents, 17 passages couverts en béton armé et 25 ponceaux de 1,8 m de diamètre pour aider les reptiles à se rendre d’un côté de la route à l’autre en évitant de se faire écraser sur le bitume. Le MTO est en train de faire installer 15 kilomètres de clôture additionnels destinés à éviter la traversée de grands mammifères et de reptiles, quatre passages pour grands mammifères, un passage polyvalent pour les motoneiges et la faune, et enfin sept passages spécialement conçus pour des espèces en péril.

Les tronçons de l’autoroute 69 sur lesquels sont prévus des travaux présentement à l’étape de la conception seront dotés de 70 passages additionnels pour des espèces en péril clôturés de bout en bout, dix autres passages fauniques, deux passages polyvalents, 14 endroits où d’autres passages pourraient être aménagés à l’avenir aux culées de structures, et enfin, de clôtures hermétiques additionnelles.

Photo P : Une clôture conçue pour écarter aussi bien les reptiles que les grands mammifères empêche toutes les espèces fauniques d’accéder à la route.

Photo P : Une clôture conçue pour écarter aussi bien les reptiles que les grands mammifères empêche toutes les espèces fauniques d’accéder à la route.

Les voies de cheminement destinées à protéger la faune

Le MTO est en train d’établir les caractéristiques techniques que devront respecter les clôtures érigées le long des autoroutes provinciales pour en écarter les grands mammifères et les reptiles. Une fois qu’elles seront au point, il déterminera quel type de clôture sera utilisé à divers endroits, selon les espèces à protéger.

Entre temps, le MTO a élargi la collecte de données cartographiques par son système d’information géographique (SIG) pour y inclure les hauts-lieux de la faune. S’appuyant sur les données concernant la mortalité des petits animaux et les points chauds de collision avec les grands animaux, le MTO étudie les mesures d’atténuation permanentes envisageables sur le réseau routier provincial. Ces données facilitent la planification des routes provinciales et contribuent à rendre le SIG plus performant, tout en permettant de repérer les zones sur lesquelles axer les efforts de restauration de l’habitat faunique.

Pour capter l’attention des automobilistes, le MTO a eu l’idée de placer des panneaux de sensibilisation aux habitats fauniques dans les emprises routières où les espèces menacées et en péril courent les plus grands risques de préjudice et de mortalité. Il ressort de quelques essais préliminaires le long de plusieurs routes provinciales que des panneaux de ce genre incitent les automobilistes à réduire leur vitesse. Deux exemples des panneaux proposés, aux teintes de brun et de jaune, sont reproduits dans cet article.

panneau proposé, aux teintes de brun et de jaune : tortue panneau proposé, aux teintes de brun et de jaune : serpent

L’extension de l’autoroute 69 de Parry Sound à Sudbury s’est accompagnée d’une série de mesures pour réduire les collisions avec des animaux sauvages. Le MTO a notamment installé environ 30 kilomètres de clôtures destinées à écarter les grands mammifères, tels que les chevreuils, les orignaux, les ours et les loups, de cette route et l’installation de 15 kilomètres de clôture supplémentaires est en cours. La clôture dirige les bêtes vers un passage faunique, soit un pont original situé à 1 kilomètre au nord de la route 637, non loin de Burwash. Ce passage, qui a été bâti en 2012 et qui enjambe l’autoroute 69, est sans pareil en Ontario. Sa fréquentation est surveillée par des caméras activées par des détecteurs de mouvement : il a ainsi pu être établi que le passage est fréquemment utilisé par la faune, et en particulier par des chevreuils et des lynx roux.

Photo Q : Passage pour grands animaux sauvages enjambant l’autoroute 69.

Photo Q : Passage pour grands animaux sauvages enjambant l’autoroute 69.

Photo R : Vue aérienne du passage faunique enjambant l’autoroute 69.

Photo R : Vue aérienne du passage faunique enjambant l’autoroute 69.

Cinq grands tunnels fauniques sous l’autoroute 69 ont également été construits qui rendent la circulation plus sécuritaire pour les automobilistes et contribuent à la connectivité de l’habitat pour les animaux sauvages, petits et grands. Les futurs tronçons de l’autoroute 69 prévus pour son extension seront dotés de dix grands tunnels fauniques additionnels, de même que de 68 kilomètres de clôture pour écarter les grands mammifères.

Le MTO a également ajouté deux importants passages fauniques par voie d’eau aux culées des ponts qui traversent le ruisseau Lovering et la rivière Murdock dans la région de Burwash sur le tracé de l’autoroute 69.

Photo S : Passage faunique à la culée du pont du ruisseau Lovering.

Photo S : Passage faunique à la culée du pont du ruisseau Lovering.

Photo T : Passage polyvalent pour la faune et les humains de 5 m x 5 m sous l’autoroute 69, au nord du passage faunique qui enjambe la même route.

Photo T : Passage polyvalent pour la faune et les humains de 5 m x 5 m sous l’autoroute 69, au nord du passage faunique qui enjambe la même route.

Les initiatives de conservation ailleurs dans la province

Le MTO gère d’autres chantiers dans la province qui tiennent compte de la conservation de la biodiversité, à savoir :

  • Le chantier de construction de l’autoroute 26 – ces travaux incluront la mise en place de deux structures spécialement conçues pour laisser passer des animaux sauvages sur 8 km de l’autoroute 26, de même que la plantation de plus de 8 000 arbres et arbustes indigènes variés. Des boutures et des pieux vivants serviront à améliorer les rivages de cours d’eau. Récemment, des entraves au déplacement des poissons ont été éliminées dans les cours d’eau, afin de favoriser la migration en amont des truites arc-en-ciel.
  • Le chantier d’extension de l’autoroute 401 – un mur de soutènement a été construit dans la ville de Mississauga pour protéger la végétation de l’habitat de la salamandre de Jefferson. Afin d’atténuer les effets des travaux sur la petite chauve-souris brune, une espèce en péril, des nichoirs garnis d’écorce artificielle ont été installés le long du corridor de l’autoroute 401 dans la zone du terrain boisé appelé Meadowvale Station Woods. Le recours à de l’écorce artificielle vise à assurer l’utilisation à long terme de ces nichoirs proposés à cette espèce de chauve-souris qui aime garnir son nid d’écorce.
  • Toujours dans le cadre de l’extension de l’autoroute 401, le MTO a par ailleurs remplacé un ponceau du ruisseau Fletcher à Brampton par deux nouvelles structures de pont. Les nouveaux ponts à portée libre offriront plus de possibilités de traversée, de lumière et d’aération, de même qu’un passage à sec pour la faune, et notamment les chevreuils de Virginie, sous l’autoroute élargie.
  • Dans le cadre des travaux menés sur l’autoroute Queen Elizabeth Way (QEW) là où celle-ci traverse la rivière Credit, le MTO est en consultation avec ses partenaires des Premières Nations associés aux enquêtes archéologiques en cours pour déterminer la végétation indigène d’importance à cet endroit, et il collabore avec la ville de Mississauga à l’identification et à la relocalisation de différentes espèces d’herbes longues.
  • Dans l’Est de l’Ontario, sur l’autoroute 15 dans le canton de Rideau Lakes, le MTO a remplacé des ponceaux faits de tuyaux en tôle d’acier ondulée par des ponceaux surdimensionnés en béton armé, afin de favoriser le passage sécuritaire des tortues.
  • Dans l’Ouest de l’Ontario, le MTO a doté un ponceau d’un revêtement novateur pour faciliter le passage des poissons sous l’autoroute 21, près de Southampton. Ce nouveau revêtement comporte un type de chicanes qui facilitent la remontée de la pente raide à cet endroit par les poissons qui cherchent à se rendre en amont. Le MTO s’est associé à la Première Nation ojibway de Saugeen pour la réalisation de ce projet sur la réserve de celle-ci.
  • En 2018, le MTO compte bâtir une série de ponceaux surdimensionnés et installer des clôtures d’exclusion et d’aiguillage pour les tortues dans le cadre de la reconstruction de l’autoroute 24, entre Brantford et Cambridge. Il aménagera aussi un habitat de rechange pour les tortues derrière la clôture d’exclusion, de sorte à décourager les tortues de faire leur nid sur l’accotement de l’autoroute.

L’engagement continu du MTO

La protection de la diversité de la vie sur la planète suppose une vaste participation de tous les membres de la société. Le Conseil de la biodiversité de l’Ontario est rassuré et inspiré par les contributions de tous les secteurs, paliers ou organismes gouvernementaux et particuliers qui se rallient autour d’idées, de connaissances et d’une vision pour l’avenir.

Le MTO continue d’éduquer son personnel au sujet de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de la province comme de la Loi sur les espèces en péril fédérale, en plus de collaborer avec le ministère des Richesses naturelles et des Forêts à l’élaboration de mesures d’atténuation, à leur amélioration, à la surveillance de leur mise en œuvre et à leur réévaluation pour confirmer leur efficacité.

Lors de ses futures activités de planification, de conception, de construction, de gestion et d’entretien du réseau routier, le MTO restera à l’affut de possibilités de rétablir des habitats, de protéger et d’améliorer des milieux naturels et les espèces indigènes qu’ils renferment, de même que d’occasions de collaborer avec ses partenaires provinciaux en vue d’atteindre les buts et objectifs que le gouvernement de l’Ontario s’est fixés avec sa vision pour la biodiversité. Road Talk continuera pour sa part à rendre compte des contributions du MTO à la conservation de la biodiversité de la province.

Pour de plus amples renseignements sur le Plan du gouvernement de l’Ontario pour conserver la biodiversité, La biodiversité, c’est dans notre nature, veuillez communiquer avec :
Natalie Boyd, chef d'équipe, Direction de la planification des transports, Politiques et planification, 905 704 2727 ou Natalie.Boyd@ontario.ca.

Pour en savoir plus sur le Programme de financement des projets d’innovation en infrastructure routière par l’entremise duquel le MTO finance la recherche universitaire, veuillez contacter :
Max Perchanok, coordonnateur, innovation et durabilité, Division de la gestion des routes provinciales, 905 704-3998 ou Max.Perchanok@ontario.ca.

Sauf indication contraire, toutes les photos sont la propriété du gouvernement de l’Ontario.

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