Priorité Durabilité

Pourquoi adopter une stratégie de durabilité?

Le MTO entend être un chef de file mondial du déplacement sécuritaire, efficient et durable des passagers et des marchandises pour soutenir une économie compétitive et une très bonne qualité de vie. Pour ce faire, ses employés mettent l’accent sur cinq priorités :

  • accroître le nombre d’usagers des transports en commun;
  • mettre en place un réseau de transport multimodal permettant le déplacement efficient des passagers et des marchandises;
  • promouvoir la sécurité routière pour demeurer un des territoires les plus sûrs en Amérique du Nord;
  • améliorer les routes, les ponts et les postes frontaliers de l’Ontario;
  • intégrer la durabilité à toutes nos activités.

La stratégie décrit les mesures qui donneront suite aux priorités du ministère de façon plus durable.

Qu’est-ce que la durabilité?

Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs1 ». Il y a trois sphères de durabilité : l’économie, la société et l’environnement.

Les trois sphères de la durabilité
Figure 1 - Les trois sphères de la durabilité

Tout changement touchant une sphère a une incidence sur les deux autres. C’est pourquoi on ne peut envisager les questions touchant l’économie ou la qualité de vie sans tenir compte de l’environnement. Tout geste que nous posons affecte l’environnement. Tout ce que nous produisons et consommons provient du milieu naturel (eau, énergie, plantes ou animaux). En bout de ligne, tous les biens et matériaux que nous créons retournent dans le milieu naturel, que ce soit dans l’air, dans l’eau ou sous terre.

La durabilité ne signifie pas uniquement reconnaître le lien entre l’économie, la société et l’environnement. Il faut savoir que les décisions d’aujourd’hui influenceront les choix de demain et envisager non seulement les effets immédiats d’une décision, mais aussi ses conséquences potentielles à long terme.

Défis liés au transport durable

Le réseau de transport des passagers et des marchandises joue un rôle essentiel dans l’économie. Des événements indépendants de notre volonté peuvent le perturber. La stratégie de durabilité permettra au MTO de mieux tirer parti des possibilités découlant des nouveaux défis.

Défis clés touchant le système de transport de l’Ontario :

Changements Climatiques

Les changements climatiques menacent l’avenir de notre planète. Le secteur des transports génère de fortes émissions de gaz à effet de serre (GES). Il est à l’origine du tiers environ des émissions totales de GES de la province. Plus de 80 % de ces émissions sont attribuables au transport routier2. Pour lutter contre les changements climatiques, il faudra adopter des modes de transport et des stratégies à plus faible intensité carbonique qui réduisent les déplacements requis.

Changements Démographiques

Les changements démographiques déterminent en partie comment et quand les Ontariens se déplacent et où ils se rendent. On prévoit que, au cours des 20 prochaines années, la croissance de la population se poursuivra dans certaines régions de la province, notamment en raison de l’immigration3. La majeure partie de cette croissance aura lieu dans les centres urbains comme la région élargie du Golden Horseshoe. Si on ne gère pas cette croissance adéquatement, il y aura davantage d’embouteillages, la qualité de l’air et de l’eau se détériorera et les ressources naturelles seront affectées. En raison du vieillissement de la population et de la baisse de la migration intérieure, on prévoit que la population du Nord de l’Ontario demeurera stable au cours des deux prochaines décennies. Le nombre d’Ontariens de plus de 65 ans devrait plus que doubler d’ici 2030 en raison du vieillissement des baby-boomers et de la hausse soutenue de l’espérance de vie4. D’ici 2025, un Ontarien sur cinq aura un handicap5. Davantage de personnes ne voudront plus ou ne pourront plus conduire, ce qui haussera la demande d’autres modes de transport.

Embouteillages

Un réseau de transport fiable est essentiel pour le commerce et le déplacement des marchandises en Ontario et hors de la province. Toutefois, on a estimé en 2009 que les embouteillages dans la région de Toronto coûtent 3,3 milliards de dollars par année au Canada sous forme de pertes de productivité6. La réduction des embouteillages favorise la compétitivité de la province et atténue la pollution et les émissions de GES. Les polluants associés au transport peuvent accroître la fréquence des maladies cardiaques et pulmonaires et le nombre de décès prématurés.

Urbanisation accrue

En 2006, plus de 85 % des Ontariens habitaient dans un centre urbain7. La migration vers les centres urbains devrait se poursuivre au cours des 20 prochaines années. Le système de transport doit s’adapter continuellement à cette tendance. L’étalement urbain peut menacer nos ressources naturelles précieuses et la survie de la faune. En 2000, on a prévu que si l’étalement urbain se poursuivait dans le grand Toronto et à Hamilton, une zone agricole et naturelle deux fois plus grande que Toronto serait urbanisée d’ici 20318. Pour orienter diverses questions liées notamment au transport et à l’aménagement du territoire, on a adopté la Loi sur les zones de croissance. Comme la population devrait s’accroître dans le grand Toronto au cours des décennies à venir, le gouvernement devra adopter des politiques permettant aux collectivités de prospérer grâce à une croissance bien gérée.

Économie verte

Le réseau de transport de l’Ontario joue un rôle essentiel dans la réussite économique de la province9. Le gouvernement de l’Ontario a mis en œuvre diverses initiatives économiques ayant démontré que la protection de l’environnement et la réduction des émissions de GES peuvent créer des possibilités économiques. Une planification prudente et à long terme nous aidera à faire la transition vers une économie verte. Ainsi, on stimulera la croissance et l’emploi dans de nouveaux secteurs tout en atténuant l’incidence de nos activités sur l’environnement.

Prochaines étapes

Ces défis illustrent le lien entre l’économie, la société et l’environnement. Il faut élaborer des plans à long terme pour gérer les pressions exercées sur le système de transport.

Le MTO se penche déjà sur ces défis en intégrant la durabilité à ses activités, lui permettant ainsi d’adopter une démarche stratégique et coordonnée. En misant sur les solutions, on favorisera l’innovation et l’efficience au sein du ministère.

1 Notre avenir à tous : Rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (1987).

2 Guide de poche sur les transports (ministère des Transports de l’Ontario, 2008).

3 Rapport sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario (ministère des Finances de l‘Ontario, 2010).

4 Rapport sur les perspectives économiques à long terme de l’Ontario (ministère des Finances de l’Ontario, 2010).

5 Rendre l’Ontario accessible (ministère des Services sociaux et

communautaires de l’Ontario, 2010).

6 OECD Territorial Reviews: Toronto, Canada (Organisation de coopération et de développement économiques, 2010).

7 Faits saillants du recensement 2006 : Feuille de renseignements 1 (ministère des Finances de l’Ontario, 2007).

8 Toronto-Related Region Futures Study, Interim Report: Implications of Business-As-Usual Development (Neptis Foundation, 2002).

9 The Productivity Performance of Canada’s Transportation Sector: Market Forces and Governance Matter (Conference Board du Canada, 2009).

Les changements climatiques

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations Unies, le climat de la terre subit des changements importants et les activités humaines et l’utilisation de combustibles fossiles contribuent grandement à ce problème.

Avant la révolution industrielle, la concentration en dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère était d’environ 280 parties par million. Elle est maintenant d’environ 380 parties par million. À cette concentration, les récifs coralliens meurent, les glaciers fondent, le niveau des océans s’élève et quelque 35 000 personnes sont décédées lors d’une vague de chaleur en Europe en 2003. Selon le GIEC, si on ne réduit pas les émissions, la concentration en CO2 pourrait atteindre 750 parties par million au cours de ce siècle. La durée de vie des molécules de CO2 dans l’atmosphère peut atteindre 200 ans. Autrement dit, le CO2 émis par les premières automobiles, par l’avion des frères Wright et par les premières centrales au charbon pourrait être encore présent dans l’atmosphère.

Ontario vert : Plan d’action de l’Ontario contre le changement climatique (2007).



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